Tara à quai à Lorient

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Un an et demi après son départ de ce même port, la boucle est donc bouclée. L’occasion de faire un premier bilan avec le directeur de l’expédition

Etienne Bourgois. C’est la fin d’une grande aventure ?

Etienne Bourgois : « C’est la fin d’un voyage, mais je crois le début d’un engagement. Le début d’un courant d’idées, d’envies, d’engagements que transporte Tara dans sa coque. Ce n’est pas l’idée isolée d’un homme, c’est une formidable envie de garder espoir mais aussi de comprendre ce qui se passe sur le plan climatique pour agir, sensibiliser. Saisir la réalité, prendre le pouls de la planète sans se voiler la face et expliquer simplement. Tara-Damoclès est en cours. Toutes ces données que nous avons collectées pendant un an et demi commencent maintenant à être dépouillées. Tout ce travail va servir à de nombreux scientifiques, chercheurs. Pour comprendre à quelle échéance la glace peut fondre et les conséquences climatiques que de tels changements peuvent engendrer. Comment quantifier aussi ces évènements, quels sont les risques. Notre engagement une fois que ces résultats seront là, c’est d’expliquer. Même si c’est compliqué.

La mission Tara Arctic continue alors ?

E.B : La mission en Arctique est terminée, mais notre travail notre engagement citoyen continue comme je viens de le dire. On ne va pas s’arrêter au milieu du gué. Laisser les scientifiques dans cette mission d’explication. Tara est devenu un extraordinaire outil de sensibilisation. J’espère que les scientifiques s’en serviront.

Qu’est ce que cette mission vous a apporté sur le plan personnel ?

E.B : Tara m’a fait comprendre ce que signifiait consommer. Consommer aveuglément. Sans retenue, sans se soucier des conséquences. Sur Tara, dans les glaces, l’eau se méritait, exigeait un travail, donc se respectait et ne se consommait pas comme ça. Il y a aussi l’écoute des autres, le mélange des âges et des cultures. Notre équipe, va de vingt à soixante dix ans. Elle a englobé plus de six nationalités. Tara Arctic m’a donné tout ça. Cette expédition ce n’était pas pour faire « un truc » de copains, d’amis. Je n’ai pas cherché l’accord parfait. J’ai cherché des compétences, des originalités et des caractères. Des personnes qui embarquent pour ce genre d’aventure pour six ou huit mois ne le font pas par hasard. Moi, qui d’une certaine manière vient d’un monde futile, celui de la mode, là on touche tous ensemble avec l’équipage des valeurs qui nous prennent aux tripes : Partir vers des choses inconnues, utiles, profondes, faire preuve d’abnégation. C’est la force de ce projet.

Tara Arctic était résolument tournée vers des équipiers compétents mais peu connus finalement c’est un choix ?

E.B : Y’en a un peu marre du vedettariat même dans l’aventure. On voit toujours les mêmes leaders d’opinion chez les journalistes, politiques ou artistes. Chez nous des inconnus ont pu prendre la parole, s’exprimer c’est ce qui a donné je pense cette fraîcheur, cette force à cette équipe. Elle a réalisé sans problèmes d’ego quelque chose d’exceptionnel. Pour moi c’était important.

Vous qui êtes restés à terre pendant un an et demi pour diriger cette expé, et continuer à diriger votre entreprise Agnès B. est ce que pour vous la notion d’écologie est en train de changer ?

E.B : Quand je repense à l’époque ou j’ai acquis Tara en 2003, à l’époque la démarche écologique était encore marginale. Du chemin a été fait. Aujourd’hui, je ne me sens pas écolo intégriste, il faut avancer avec nos contradictions. On ne peut pas couper tout demain sous prétexte de sauver la planète. Je vais encore me servir de ma voiture, chauffer ma maison. Je pense qu’il faut simplement vivre avec nos contradictions et essayer de les résoudre mais pas en jetant l’eau du bain et le bébé. C’est comme les démarches des pays riches qui visent à s’acheter une conduite, en réglant leur problème uniquement dans leur jardin. La pollution ne s’arrête pas à la clôture. Ce n’est pas en repoussant discrètement tout chez le voisin qu’on résout une question de citoyenneté planétaire. Rien ne sert de se culpabiliser. Entre la peste et le cholera il y a peut-être un chemin. Comme entre communisme et capitalisme sauvage. Ce qui est devant nous en fait est une révolution des mentalités. Pour agir en écologie, et ne plus seulement parler d’environnement, il faut sortir d’un monde individualiste. C’est la clé. C’est ce que nous avons réussi à faire sur Tara. Un travail d’équipe au service de la planète. Je veux donc que ce bateau exceptionnel, soit un ambassadeur des citoyens de ce monde, un catalyseur d’énergie et d’envie pour aborder sans paillettes, sans fards la question essentielle qui se pose à tous. Quid de l’humanité et de ses enjeux.

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4 Réponses to “Tara à quai à Lorient”

  1. Marine Says:

    Bonjour, j’ai accueilli le tara sur l’eau en aviron et je voulais rendre un petit clin d’œil pour dire que ce moment était grandiose. Tout était là, le temps, l’émotion, j’ai adoré. Merci beaucoup. Et un grand Bravo a tout l’équipage.

    Au passage je fais un peu de pub pour mon club, donc venez nombreux à l’aviron du Scorff de Lorient… !!

    Merci encore !

  2. Ternog Says:

    Un GRAND merci à vous tous qui avez formé cette magnifique armada autour de Tara !!! 😉

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