Archive for décembre 2007

Reprise des sondages océanographiques

décembre 31, 2007

Nous avons recommencé les sondages océanographiques, arrêtés depuis 2 semaines. Et ce matin en remplissant à nouveau le cahier de manipulations scientifiques, mes yeux sont tombés sur la page précédente :
« 12 décembre, position 79° 38′ N /03° 20′ W, sonde 2320 m , profil CTD à 2000m + 5 yoyos à 400m »
Puis, rajouté en majuscules dans la colonne commentaires :
«DERNIER PROFIL , le 13 ça casse de partout , on remballe le matos»
Flash back sur les derniers mois :
Quand l’équipe de relève est arrivée mi-septembre, Tara se situait par 86°N, encore dans le bassin arctique central avec plus de 4 000m d’eau sous la quille. Le jour durait 24h et la science battait son plein à tous les étages : on faisait quotidiennement plusieurs kilomètres à ski autour du bateau pour les mesures de glaciologie, de neige et la surveillance des stations sismologiques, les mâts divers (radiomètres, météo) se dressaient fièrement sur une banquise bien stable, le treuil océanographique moulinait tous les 2 jours ses 3 000 m de câble.
À l’approche de la nuit polaire, la taille de notre terrain de jeu s’est progressivement réduite. Fin octobre, dans une obscurité devenue totale, nous pouvions encore faire la tournée des « manipes » à la lampe frontale dans un périmètre de 500 m.
Jusque là le bateau dérivait cap au sud, à une vitesse augmentant progressivement avec les coups de vent d’automne et l’approche du Détroit de Fram. On prenait alors la direction du Spitzberg, certains modèles nous prédisaient une sortie en eau libre pour le 15 novembre…. Les fonds diminuaient et l’eau d’origine atlantique manifestait sa présence sous nos pieds de manière chaque fois plus insistante dans les profils CTD.
(more…)

Inspection du dessous !

décembre 28, 2007

Après avoir subi les assauts de la banquise suite aux derniers coups de vents, le calme s’installe sous une magnifique pleine lune.
Une trêve bien attendue pour aller constater l’évolution de la quille de glace qui se trouvait sous Tara depuis plus d’un an.
L’équipe est rodée. En moins d’une heure, le trou est ouvert, un projecteur éclaire la zone, l’équipe qui gère la sécurité des plongeurs en surface est en place, et c’est parti.
Malgré la nuit, la mer est toujours aussi claire. Belle surprise, nous pouvons admirer la coque de Tara dans sa quasi-totalité.
L’inspection peut commencer !
(more…)

Quelques lueurs

décembre 28, 2007

Depuis quelques jours alors que la lune décline, elle a perdu déjà un bon quartier, nous observons souvent des lueurs vers le milieu de la journée. Aujourd’hui, c’était de la lumière du jour comme disent les cinéastes. À mesure que nous descendons vers le Sud, toujours le long de la côte groenlandaise, logiquement, peu à peu, le jour réussit à repercer notre horizon.
Je pense aux hivernants de la première fournée. Aux « taranautes » du premier hiver qui n’avaient revu ces couleurs, de la couleur dans le ciel, qu’à la fin février. C’est déjà pour nous un moment fort, mais pour eux cela devait être magique et troublant à la fois. Il fallait également se réadapter à une nouvelle vie. Nous ne connaîtrons pas la même nuit, par la force des choses, Tara ayant décidé de jouer avec la glace, j’adresse du toit du monde encore sombre pour quelques heures nos meilleurs vœux à tous et un grand coup de chapeau au premier équipage. Ce premier hivernage restera pour moi la grande nuit. La nuit des pionniers. Dure et pure. J’espère vous voir bientôt sur le quai à Lorient pour pouvoir échanger tous ces souvenirs qui à jamais je crois habiteront nos mémoires.
(more…)

Inspection from the bottom

décembre 28, 2007

After having been submitted to the pack ice assaults due to strong winds, the weather has calmed down and there is a beautiful full moon.

A welcome rest in order to assess the ice hull’s evolution that has been under Tara for more than a year.
The team is well trained for this. In less than an hour, the pit is open, a spot light brings lights into the zone, the team that manages the divers’ safety at the surface is ready and the dive begins.
Despite the night, the sea is always very clear. Nice surprise, we can admire the whole of Tara’s hull. The nspection can begin.
As we had noticed during our last dive, the propeller on the portside and its shaft are in a good state.
On the starboard side, however, the propeller seems to have been spared but the surrounding protecting shaft is distorted.
The rudder holes are filled with ice pieces that stick together but can be moved about. Even if a little compact ice remains on the portside inside the well
If weather allows for it, we plan to dive again tomorrow.

Samuel Audrain

Le QG parisien dans l’attente

décembre 26, 2007

Position :
Rue Dieu, Paris, France.
48°52’ 13 Nord
2° 21’ 54 Est

Pendant que Tara s’étire doucement mais sûrement sur son lit de glace, l’équipe à terre se languit de savoir quand les taranautes vont « revenir sur terre ».
Comme c’est le cas depuis un mois, Romain Troublé, directeur logistique de l’expédition travaille sur un énième plan de sortie. Ce matin au QG parisien, les cartes de l’Islande et de l’île Jan Mayen, où Tara a déjà séjourné à l’été 2004, ont été sorties. Au cas où le premier port touché ne serait pas Longyearbyen (Spitzberg).
(more…)

Tara en fête

décembre 24, 2007

Pour commencer nous vous souhaitons à tous un Joyeux Noël. Une belle fin d’année. Nous vous adressons, les dix « Taranautes », ces vœux depuis le pays du père Noël.

Histoire de se mettre en jambe, nous avons lancé les hostilités dès hier soir avec un anniversaire. Une belle soirée à la saveur toute gauloise. L’un des équipiers du bord, Hervé le Goff, étant déjà surnommé Asterix à cause de sa toison rousse, il n’en fallait pas plus pour que naisse un Obelix (l’heureux élu) votre serviteur, et un Pechouix. Héritage d’un autre surnom déjà attribué à Hervé Bourmaud dit « Hervé péchou » et ce pour éviter la confusion entre les deux Hervé du bord, voilà c’est un peu compliqué mais vous savez tout. (more…)

Tara surfe avec la glace

décembre 20, 2007

La nuit du 19, Sam et Marion étaient de quart.
Vers 1H00 du matin, Tara a pulvérisé tous ces records de vitesse : 1,3 nœuds soit 2,4 km à l’heure. Pour les terriens, une peccadille. Pour nous, en dehors du temps, du temps de la Terre, de la course effrénée que nous menons tous les jours sur nos bouts de cailloux (je vous rappelle que l’eau occupe 2/3 de la surface du globe), « une perf’ » comme disent les sportifs. Un surf avec la glace suspendu dans la nuit.
(more…)

En transit

décembre 19, 2007

A bord de Tara, nous vivons une drôle de période, nous sommes en transit entre la glace et la mer. Après l’Ice Break de jeudi dernier, nous avons repris une part de notre liberté, détaché de la banquise, nous avons évolué au milieu de l’eau libre en tournant sur nous même en avançant au gré des vents et des courants au milieu des glaces. Mais nous étions comme tous les morceaux de glace autour de nous, non manoeuvrants. Toute la dérive a pris son sens ! Depuis, la glace s’est recompactée sur la coque du bateau et nous suivons de nouveau le pack, comme les autres morceaux de banquise.
(more…)

L’aluminium contre la glace

décembre 17, 2007

Depuis la débâcle de cette semaine, et après une nuit de calme total, une lutte sans merci semble avoir commencer entre Tara et la glace. Aujourd’hui et particulièrement en ce moment alors que j’écris ces lignes, les cloisons de ma cabine résonnent de pressions énormes continues. A un nouvel assaut succède un autre, toute la cabine entière vibre et Tara bouge en même temps. C’est vraiment très impressionnant et je pèse mes mots. Toute la structure du bateau est compressée et tremble de toute part. Tiens bon Tara ! (more…)

La science démâte !

décembre 13, 2007

Qu’on se le dise, même si nous ne sommes pas encore libérés de notre gangue gelée, la science elle doit anticiper ces changements inéluctables.
Aujourd’hui sur Tara, c’est l’océanographie qui se taille encore la part du lion scientifique. Le mât météo estonien appartenant à l’université de Tartu a été remonté avec les honneurs dus à son rang. Cela signifie que les données sur la colonne d’air jusqu’à dix mètres au dessus de Tara ne sont plus enregistrées. Le mât captait en permanence la vitesse du vent à quatre hauteurs différentes. Mais aussi la température, l’humidité et la pression.
Pour résumé, il ne reste plus sur la glace qu’un sismomètre pour enregistrer les prochaines cassures de la glace avant notre sortie dans l’eau libre. Le reste a pour nom de code CTD (conductivity, temperature, depth). 90% des manipulations scientifiques scrutent donc désormais l’océan, ses couches, sa température et sa salinité. (more…)