Archive for octobre 2007

CONFERENCE TARA DAMOCLES, 30 OCTOBRE 2007, COMMUNIQUE DE PRESSE

octobre 30, 2007

Nous pouvons aujourd’hui grâce au projet européen Damocles et à la mission Tara Damocles, divulguer quelques faits remarquables sur l’état actuel de l’Océan Glacial Arctique en pleine transformation, leurs causes probables et leurs conséquences.

Les faits (avérés)

1/ Un recul spectaculaire de la banquise à la fin de l’été 2007 a été constaté. Entre septembre 2005 et septembre 2007 c’est plus d’1 million de km2 de glaces de mer qui ont disparu. La position initiale de la dérive transpolaire de Tara en septembre 2006 se trouvait à plus de 400 km au sud de la lisière de la glace en septembre 2007.
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A skis, de nuit, sur la banquise

octobre 29, 2007

Dimanche dernier, il faisait beau. En langage polaire en ce moment, cela veut dire : Pas de vent, visibilité supérieure à 200 mètres, nuit assez claire.
Comme la météo est clémente et que le dimanche est notre jour de repos, pourquoi ne pas aller marcher sur la banquise ?
En langage polaire aller marcher sur la banquise signifie plusieurs choses : Prendre une lampe frontale et éventuellement un sac à dos. Ajouter à cette panoplie une combinaison chaude type ski. Des gants, avec des chaufferettes thermiques dedans. Des chaussures polaires un peu comme des anciennes bottes de scaphandriers. N’oublions pas un élément essentiel, les skis.
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D-Day’s

octobre 24, 2007

En cette période de tempêtes Tara vit ces D-Day’s. Décodage : digging day. Digging : pelletage. Day : journée. Les rafales de vent qui ont soufflé ces derniers jours ont d’abord transfiguré le paysage. De nouvelles buttes sont sorties de glace alors que d’autres ont disparu. Là ou la neige était meuble, on s’enfonce maintenant jusqu’aux genoux. Vent et neige s’amusent donc à transformer en quelques heures notre terrain de jeu.

Parmi les faits d’armes à mettre à l’actif de ce tandem redoutable, le « transport » sur plusieurs centaines de mêtres de la tente de survie. La tente pèse quand même 400 kilos. Le vent a saisi la tente et l’a roulé avant que la neige ne l’ensevelisse ensuite sous un linceul blanc. Fin de carrière pour ce spacieux refuge. Dégagé puis ramassé par une partie de l’équipage entre deux accalmies, il est maintenant rangé en pièces détachées et tordues sur le pont. Une tente russe « une kapch » sera installé en lieu et place. Encore plus solidement arrimée. Ensuite le vent décidera. Clémence ou sévérité ?
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Nuit polaire : Paroles de bizuths

octobre 18, 2007

Dix personnes vivent actuellement sur Tara. Trois femmes et sept hommes. Dans ces dix, ce sera la première nuit polaire sur la goélette pour huit d’entre eux : Marion, Elie, Minh Ly, Sam, Audun, Alexander, Hervé et Vincent.

Marion en charge des prélèvements biologiques et de l’intendance entre a utres, a bientôt 24 ans. Elle est à bord depuis avril dernier. « Je suis contente d’avoir déjà pu profiter de six mois de jour ici. J’adore le soleil. Maintenant l’espace va se réduire. J’appréhendais beaucoup cette période avant de venir, mais finalement comme nous descendons maintenant vers le sud la nuit arrive en douceur. Bien sûr je me demande toujours comment je vais réagir, et il y aussi la peur des ours, mais en même temps j’ai hâte aussi de vivre la magie de ces nuits avec ces lunes, ces aurores et ces étoiles ».
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Seconde nuit polaire : du huit clos au « dix clos

octobre 17, 2007

Ce matin, le carré de Tara s’est mis définitivement à l’heure d’hiver. Des panneaux en contreplaqué recouvrent désormais les hublots. La sensation de huit clos est donc montée d’un cran, alors que débute la nuit polaire. C’est la seconde à bord pour Grant, le chef d’expédition et Hervé le capitaine.

Pour l’un comme pour l’autre, l’hiver, la nuit polaire, c’est « la » saison de l’arctique. Celle qu’ils préfèrent sans hésiter. Pour Grant :« La nuit c’est mieux que le jour. Le jour permanent de l’été. La nuit ,l’environnement est plus hostile, il fait froid, mais on est sur une autre planète, l’ambiance est magique ».
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Tara : « une machine taillée pour la glace ».

octobre 14, 2007

S’il est une partie de Tara qui fascine en dehors des volumes du carré, c’est bien la salle des machines. Un tiers de la goélette polaire est occupé par des moteurs de toute sorte. Tout simplement parce qu’à la différence d’un voilier classique, un voilier polaire doit être bien plus autonome. Et donc fabriquer en permanence sa propre énergie.

Un chiffre parlant : Tara peut stocker jusqu’à 50.000 litres de gasoil. Avec ça, Tara peut en régime normal « vivre » pendant deux ans sans passer à la pompe. Ce carburant fossile reste le moyen principal de fabriquer de l’électricité ou de la chaleur une fois que la nuit polaire s’installe. En été, lorsque le jour est permanent, le soleil est une source d’énergie d’appoint non négligeable. Tout comme le vent.
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Question de sécurité !

octobre 11, 2007

Même si Tara a passé ses 400 jours de dérive, ce n’est pas une raison pour oublier les réflexes de sécurité. Depuis la dernière rotation, il a été demandé à chacun des dix équipiers de vérifier ou de préparer son « kit de survie ». En cas d’évacuation, ce sac plastique nominatif se retrouvera à l’extérieur du bateau. Il contient en général une veste et un pantalon chauds, un bonnet et quelquefois des moufles polaires.

Mais en cas de coup dur, le kit ne s’arrête pas là. Individuellement ou en binôme, chaque équipier a un paquet bien défini. En quelques minutes, plusieurs centaines de litres de kérozène, des bidons étanches de nourriture, un groupe électrogène, des lampes baladeuses, des duvets, un poêle et les chiens entre autre, doivent se retrouver sur la glace. Des fusils font aussi partie du lot.
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Dernier rayon de soleil

octobre 9, 2007

Le 7 octobre, nous avons vu notre dernier rayon de soleil avant le début de la nuit polaire. La soirée de samedi a été festive pour l’équipage de Tara. Nous nous sommes installés dans la tente de sécurité chauffée, avec des ballons multicolores, les deux chiens et l’équipage assis de chaque côté d’une longue table.

Pour protéger l’âtre à côté de ce confortable refuge, l’ingénieux Audun assisté de Marion ont dressé un mur de glace, type igloo. Une succession de parpaings de neige. L’apéritif a été agrémenté de quelques bières, vodka russe, cacahuètes et canapés. Autour de la flamme, la magie du feu était décuplée par ce paysage environnant : des vagues gelées à perte de vue. Source de chaleur au milieu d’un désert froid.
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Taranautes et Taradogs

octobre 6, 2007

A bord de Tara, il y a actuellement douze êtres vivants : dix bipèdes et deux quadrupèdes. Zagrey et Tiksi sont deux chiens de race Laïka Yakouts. Leur maître à bord, c’est Hervé Bourmaud, capitaine de la goélette polaire. Ce n’est pas un hasard.

En dehors de Tara, Hervé est pêcheur à l’île d’Yeu en Vendée. Passionné depuis toujours par les chiens, il en a déjà eu à bord de ses précédents bateaux. Il parle avec nostalgie de « son clochard » avec lequel il a traversé plusieurs fois l’Atlantique. Son clochard, compagnon d’embruns, compagnons de milles. Griffon marin. Capable de créér des relations avec les humains, handicapés ou valides, quelquefois mieux que les humains eux-mêmes.
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Pas de « Tara Arctic » sans partenaires techniques

octobre 2, 2007

Comme un équipage est une somme de compétences subtilement choisies et utilisées, Tara Expéditions est le fruit de partenariats précis. Dénominateur commun : la résistance au froid.

Les marins, professionnels et amateurs connaissent tous cette marque : Sika. C’est un petit peu comme le « Frigidaire », alias le frigo pour conserver les aliments. Dans Tara, le sika noir est présent à peu près partout pour assurer l’étanchéité. Les hublots du carré par exemple sont totalement isolés grâce au Sika. Des réserves de ce produit de grande qualité permettraient même en cas de destruction du plexiglas, de reconstituer un hublot de fortune avec du bois.
Le sika, c’est comme une pâte qui colle progressivement, sèche ensuite mais surtout ne casse pas au contact des grands froids. Le sika s’est révélé tellement bien adapté pour ces latitudes qu’il a même servi pour les connections du mât météo par exemple. Un mât avec ses anémomètres et ses capteurs de températures qui fonctionne de jour comme de nuit sur la banquise.
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