Interview d’Etienne Bourgois.

By Tiksy & Zagrey

Le directeur de Tara Expéditions revient sur les travaux à bord de Tara après la dérive arctique, le programme du bateau cet été, le futur…

Depuis son retour de l’Arctique, Tara a subi à Lorient des travaux de vérification…

Oui cela s’imposait après une telle expédition ! Nous avons vérifié les safrans et les dérives. Nous avons eu aussi une visite importante du Bureau Veritas.
Tara a été entièrement repeint à l’intérieur et sur le pont. Nous nous sommes donnés du mal également avec Hervé Bourmaud, capitaine de Tara, pour réduire la consommation énergétique du bord. Nous avons utilisé des leds dans tout le bateau (ampoules à faible consommation) et pour les feux de navigation. Ainsi Tara consomme de moins en moins.
Nous avons également changé les plexis de la timonerie, opération délicate qui a nécessité de faire des moules.
Tout le système électrique a été vérifié car certains câbles avaient souffert avec le froid.
Et nous avons installé un winch qui nous permet de soulever les zodiacs sur le pont.
Nous avons pu faire tout cela grâce au savoir-faire des entreprises lorientaises
Il nous reste maintenant à changer une partie des voiles qui ont vécu et bien vécu.

Quels sont les projets de Tara pour les prochains mois ?

Tara devait sortir des glaces en ce moment, c’est-à-dire au mois du juillet ou au mois d’août. Nous ne pouvions donc pas prendre d’engagement à l’avance pour des missions cette année.
Nous en profitons donc cet été pour participer à des évènements nautiques, à des festivals afin de remplir une des autres missions de Tara qui est la sensibilisation.
Nous présentons le film « Tara, voyage au cœur de la machine climatique », documentaire de 90 minutes qui a été diffusé sur Arte, dès que nous le pouvons. Ces projections sont le plus souvent suivies d’un débat avec un ou plusieurs membres de l’expédition.
Il est important aussi de pouvoir échanger avec le public et plus particulièrement avec les jeunes. C’est pour cela que nous avons créé le Club Tara Junior. Nous avons encore tant de choses à dire sur la dérive arctique ! Le programme scientifique européen Damocles auquel Tara a participé n’est pas fini. Nous en attendons d’ailleurs les résultats à la fin de l’année.
Pour ce qui est de l’avenir, nous espérons pouvoir retourner dans ces régions polaires dans les dix ans qui viennent.

Et la prochaine expédition ?

Nous allons étudier l’impact du réchauffement climatique sur la biodiversité des océans. Nous sommes à la recherche de partenaires.

Vous étiez présent à Brest 2008, vous serez présent à Camaret sur mer puis à l’île d’Yeu…

Oui nous sommes présents à cette formidable manifestation, car nous sommes encore dans l’Année Polaire Internationale. D’autres bateaux scientifiques sont là comme le « Marion Dufresne ». Notre documentaire a été montré et nous organisons des ateliers dans le village enfants autour de la mission Tara Arctic.
Puis nous arriverons à Camaret sur mer vendredi. Il y a toujours du Camaret dans les entrailles de Tara et de nombreux camaretois restent attachés au bateau. Je pense notamment à l’Hôtel Vauban et à la SNSM. Cette escale est importante pour nous.
Comme l’est celle de l’île d’Yeu pour rendre hommage à son capitaine qui en est originaire. Hervé Bourmaud est présent sur Tara depuis plus de deux ans, c’est un beau clin d’œil.

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