Nous sommes jeudi. Peu à peu des lueurs de plus en plus persistantes colorent le ciel de Longyearbyen, en milieu de journée. Au moment où le soleil est au zénith, au dessus de l’horizon, pour ceux qui sont aux bonnes latitudes. Au dessus de notre beau pays de France, par exemple.
Pour nous, les Taranautes, le retour de l’astre n’est pas encore à l’ordre du jour. Il reviendra avec notre descente vers le Sud.
Ce qui est amusant c’est que comme nous sommes remontés nord pour atterrir à Longyearbyen, retrouvant par la même occasion la nuit polaire, nous revivons le processus de réapparition de la lumière, exactement comme nous l’avions observé au large du Groenland, pendant nos derniers instants de dérive. (Lire la suite…)
Archives pour janvier 2008
La baleine retrouve ses ailes
janvier 31, 2008Le temps du triage
janvier 30, 2008
Depuis lundi nous avons repris le collier. Et nous ne chômons pas. Ce sont 10 tonnes de matériel qui ont été sorties du ventre de la baleine. Panneaux solaires, ailes, générateurs et mâts « d’éoliennes », outils pour la glace, tronçonneuses, câbles, la moto neige avec laquelle nous nous déplacions sur la planète blanche. Liste non exhaustive bien sûr, ça donne quand même une idée. Mais aussi drums (fûts) de kérosène encore plein, et puis bien sûr tout le matériel scientifique. Tout ce qui a permis d’ausculter l’espace au-dessus et en dessous de Tara pendant ces un an et demi de villégiature sur la banquise.
A Longyearbyen (Spitzberg) le quai auquel nous sommes amarrés ressemble à un vrai capharnaüm. On dirait une brocante géante. Là des poêles, là de la bâche, là des pulkas.
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Tara en direct depuis Longyearbyen
janvier 28, 2008
Extrait du site : http://www.svalbard-images.com/
Le temps du partage
janvier 26, 2008
Cela fait deux jours que nous avons touché terre. Et en deux jours, il s’est passé tellement de choses. De choses très positives. Nous nous sommes d’abord retrouvés toute l’équipe Tara. Les forces à terre et les forces en mer. C’était un moment simple, plein de pudeur mais d’une intensité rare. D’abord accolades chaleureuses, bises, félicitations : le plein de chaleur après les froids polaires. Plus tard dans la soirée quelques heures après notre arrivée : chants, musique, mais pas n’importe quoi un bœuf improvisé. Petit concert privé de musique « de carré ». Improvisation très rythmique de musique tzigane avec les musiciens d’un soir du bord emmené par un vrai de vrai. Samuel Audrain, chef mécano et chef accordéoniste. Télés, radios, journalistes de presse écrite étaient là, sans vouloir paraître ni convaincre, nous étions simplement heureux de les emmener avec nous dans ce bonheur d’un rêve accompli ensemble. (Lire la suite…)
Tara a touché la terre ferme pour la première fois depuis plus de 500 jours
janvier 24, 2008
Jeudi à 19h30, Tara est arrivé dans le port de Longyearbyen au Spitzberg par beau temps dans la nuit permanente qui règne par 78° Nord à cette époque de l’année.
Quelques heures auparavant, Etienne Bourgois, directeur de Tara Expéditions et Jean-Claude Gascard coordinateur du programme scientifique européen Damocles avaient rejoint l’équipage de Tara dans l’Isfjorden à quelques miles nautiques de Longyearbyen. Les retrouvailles ont été chargées d’émotion pour les dix membres d’équipage qui ont allumé des fusées pour l’occasion. Les feux ont scintillé sous une aurore boréale.
Grant Redvers, le chef d’expédition n’était pas revenu sur terre depuis un an et demi. Terre qu’il a embrassée en arrivant à quai.
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Voici la carte de la dérive de Tara
janvier 24, 2008Compte à rebours déclenché
janvier 23, 2008
Tara n’est plus qu’à une centaine de miles de Longyearbyen, capitale du Spitzberg. Nous filons actuellement à 8 nœuds. Des vitesses qu’il y a quelques jours encore on n’osait imaginer. Nous sommes repassés à l’est du méridien de Greenwich. La « west side story » selon une expression chère au directeur logistique de l’expédition, Romain Troublé, est donc terminée.
Depuis lundi midi nous avons donc parcouru 300 miles. Un train d’enfer. Les équipes de quart se relayent toujours jour et nuit. Et ce soir pour le traditionnel apéro du mercredi nous réussirons peut-être à tous nous voir, ce qui n’est plus arrivé depuis dimanche midi.
Des équipes de télévision, de presse écrite, de radio avec des photographes viendront à notre rencontre demain, quand nous embouquerons « l’ Isfjorden », fjord au fond duquel s’abrite l’ancienne cité minière de Longyearbyen. Une vingtaine de personnes sont attendus sur le pont, transportées à bord d’une vedette avec à son bord le directeur de l’expédition, Etienne Bourgois. (Lire la suite…)
Tara dans le sas
janvier 22, 2008
La mer du Groenland est pour les équipiers de Tara un sas. Un sas avant de retrouver la civilisation. La transition se fait en douceur, car les conditions météo restent clémentes pour l’instant. Le vent est faible et la mer calme. Les deux chiens du bord Zagrey et Tiksi qui appréciaient aussi de pouvoir gambader sur la glace, regardent la mer depuis le pont, se demandant bien quelle est maintenant la suite de l’aventure. Des fulmars, ces oiseaux marins, tournicotent régulièrement autour de nous.
Malgré la fatigue des quarts, nous continuons à préparer le bateau pour des conditions de navigation plus musclées. Le safran de secours, suspendu au dessus de l’arrière du bateau a été démonté et remisé. Le pont avant et les coursives latérales ont été déglacés à coup de pics et de pelles. Une couche de glace avait littéralement recouvert le nez du bateau. En parlant de glace, plus aucun petit iceberg à l’horizon. En regardant vers l’ouest, on se dit que la glace et la banquise sont toujours là-bas, mais que c’est du passé pour l’instant. (Lire la suite…)
Tara fatiguée, Tara secouée mais Tara libérée !
janvier 21, 2008
Il est 17H00, heure de Paris nous faisons cap au nord-est. En eau libre. La bataille avec le glace, ou gagner quelquefois dix mètres était une grande victoire, est terminée. Tara a livré un combat de titan. Pendant une journée complète.
Car, c’est aujourd’hui vers midi que l’ice-edge ( la frontière entre la glace et l’eau libre) a petit à petit montré les contours de son visage. Les plaques de glace étaient beaucoup moins nombreuses, le slalom continuait toujours avec un équipier en vigie à l’avant relayant des informations au barreur. Mais un canal central toujours plus large vers l’est se dessinait. Les blocs de glace étaient visiblement en fin de course, certains se transformant en sculptures étonnantes dans leur lente mais inexorable mort, goutte après goutte. (Lire la suite…)
Tara en route pour l’eau libre !
janvier 20, 2008
Avant de commencer à écrire ce genre de log, on sait que les informations qu’il contient lui donne déjà une valeur historique. Le 20 janvier est une date à retenir dans l’histoire de cette dérive arctique, un siècle après celle de Nansen. Après plus de 500 jours de dérive, volontairement prisonnier de la glace, aujourd’hui Tara a mis le cap sur l’eau libre.
Au moment du déjeuner, visiblement très ému le capitaine de Tara, Hervé Bourmaud, annonçait à l’équipage avec Grant Redvers, le chef d’expédition que le jour tant attendu était arrivé. La fin de la dérive arctique. Tara allait reprendre son destin en main, choisir de nouveau son cap. Cela faisait un an et demi que le bateau n’avait pas avancé mu par sa propre énergie. Libre à nouveau de ses faits et gestes. Affranchi de la glace.
A 13H20 précise Samuel Audrain, le chef mécanicien, a mis en route le moteur tribord. Préchauffage. A 14H20, Hervé Bourmaud le capitaine de Tara a embrayé ce même moteur. Comme si un instant on en avait douté, presque oublié que ce fût possible, Tara s’est mis tout doucement a glissé sur l’eau. Une vaguelette d’étrave est née, un sillage aussi. Tara revivait. (Lire la suite…)




