Le tracteur est sauvé, mais il s’en est fallu de peu. L’idée était de l’évacuer des abords de la piste 2, qui craquait de toute part. Gamet, dûment revêtu d’une combinaison de survie en cas de malheur, s’est attelé à la tâche, mais les 3,5 tonnes de l’engin ont fini par avoir raison de l’instabilité des glaçons. En un instant, l’indispensable tracteur qui sert à établir des pistes, bascule sur son assiette et verse. Gamet, comme monté sur ressorts, saute sur la glace… l’engin ne plonge pas, seule sa partie arrière est dans l’eau. Prévenu par radio, Guillaume, le nouveau mécanicien, extrait un tirefort des profondeurs de la salle des machines et crapahute avec l’engin sur les 1000 mètres qui le sépare de la piste. Fiché dans un mètre de glace, ce super palan qui peut haler jusqu’à 6 tonnes, tire doucement notre tracteur de l’eau. Avec son tchouk-tchouk familier (il faut tellement d’énergie pour faire démarrer l’engin qu’il tourne en permanence), il reprend la direction de Tara, il est dorénavant posé sur le pont.
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Archives pour avril 2007
L’heure est au départ
avril 28, 2007Piste d’atterrissage fissurée
avril 27, 2007
Vendredi matin à 01h00 TU, une large fissure accompagnée d’une plus fine est apparue sur la banquise à environ 300 m du camp. Celle-ci se
prolongeait en direction de notre piste d’atterrissage sur laquelle tant
d’efforts avaient été déployés pour obtenir une piste de 900 m.
La fissure de 4 à 8 m de large coupa la piste en deux à 500 m, ne laissant que cette courte distance au Twin Otter pour évacuer la piste.
Celui-ci emporta avec lui 3 scientifiques vers le Groenland réduisant à
23 le nombre de personnes sur la base.
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Atterrissage sur la banquise : mode d’emploi
avril 26, 2007
Nouveau record : nous avons passé ce mercredi le 88ème degré de latitude nord. On se rapproche dangereusement du pôle (moins de 300 Km) et il n’est pas impossible que Tara réalise le rêve de Nansen : dériver sur la banquise, conduit par le courant transpolaire, pour atteindre, portés par les vents, le sommet géographique de la planète… Mais pour le moment il faut surtout mener à bien les missions d’observation prévues pour avril et pour ce faire, il a encore fallu amener hommes et matériels par le DC3…
Poser un avion sur la banquise n’est jamais une mince affaire, plus particulièrement quand la visibilité est réduite. Aujourd’hui sur Tara était un jour presque blanc. Bien sûr, on y voyait bien un peu. Mais toutes les perspectives, tous les reliefs étaient confondus : Ciel, horizon, sol, tout était blanc !
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BON VENT POUR LE 88° N
avril 25, 2007
Depuis quelques jours les paris sont ouverts : jusqu’à quelle latitude montera Tara ? Les enjeux sont les suivants : Jean-Claude offre au gagnant le contenu d’une bouteille Nansen prélevé à 3 000 m. de fond après analyse ; Francis promet un tirage original quant à Etienne évidemment, il offre une tenue agnèsb. « spécial polaire ».
Côté base, le vent a ralenti les travaux. Il soufflait aujourd’hui à 26 noeuds, on est allé jusqu’à – 30°C, ce qui, compte tenu du « windchill factor », rendait des températures ressenties proches de -40° C.
Les scientifiques ressemblaient, sur cette banquise battue par l’air gelé, à d’étranges cosmonautes colorés, emmitouflés jusqu’aux yeux, la démarche un peu maladroite…
La vision de cette base, avec la neige qui court de crête en crête sous un soleil de contre-jour, est un paysage magnifique. Les tempêtes sont toujours belles et Francis s’en est donné à coeur joie avec son appareil photo.
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Une base cosmopolite
avril 23, 2007
D’ici à la fin de la semaine, nous devrions passer le 88ème degré Nord.
Lendemain d’élection à bord : on a organisé hier soir un petit vote, à la bonne franquette 15 inscrits, 15 votants. Meilleur score: blancs et nuls !
Tara gîte néanmoins sur bâbord depuis début octobre. Comme disent les sondeurs : c’est une tendance lourde ! Ségolène Royal a d’ailleurs récupéré trois voix. Arrivant juste derrière les blancs et les nuls, la gauche est clairement seconde. Le report de voix au second tour ne devrait pas poser de problème pour elle !
Ça, c’était pour les Français, mais la base compte aujourd’hui 35 personnes qui ne se sont pas exprimées.
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Le parachutage a eu lieu
avril 21, 2007Ca-y-est ! Le parachutage a eu lieu, toutes les palettes sont tombées au bon endroit, le tracteur fonctionne, la piste va donc pouvoir être finie et notre DC3 atterrir au plus tôt.
En début de nuit (façon de parler : le jour est permanent) il y avait de la neige en chute serrée sur Tara. Une neige qui s’est mise à déferler une demi-heure à peine après le parachutage et qui l’aurait rendu impossible si l’Iliouchine 76 avait pris ne serait-ce qu’une demi heure de retard… Une neige qui empêche maintenant de poser l’avion mais qui ne devrait pas durer. Une neige assez peu habituelle en cette saison, tout comme les tempêtes qui viennent de secouer le bateau. Un fort anticyclone sur l’Europe et la Russie maintient les dépressions au dessus de l’Arctique. Le phénomène à l’air de surprendre un peu nos amis scientifiques en cette saison. Pour le moment, il nous empêche surtout de rejoindre le bateau. Il reste une grosse semaine pour emmener tout le monde et réaliser les études prévues.
Eric Biegala
Le largage
avril 21, 2007
Le largage tant espéré est enfin arrivé, hier à 18h, après 20 jours de négociation et d’attente.
Hier en fin de matinée, les conditions météorologiques nous ont paru favorables à un larguage dans la journée : peu de vent et une bonne visibilité. Grant a donc donné le feu vert pour décoler au pilote Russe, en stand by à Murmansk.
En fin d’aprés midi, vers 17 heures, alors que la visibilité commencait à baisser et le vent à tourner, Matthieu et Anatoli (mécanicen russe d’hélicoptère qui nous a rejoint le 10 avril) ont donné les dernières coordonnées GPS du centre de la zone de larguage à Viktor qui faisait le relais Radio avec les pilotes du Illution 76 chargé du largage.
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Largage une fois de plus reporté
avril 19, 2007
Le largage aérien du matériel nécessaire à la mission d’avril sur la base polaire Tara et du ravitaillement pour les mois à venir n’a pas encore été réalisé.
Après des complications administratives, l’équipe de Tara fait face à des contraintes météorologiques.
En effet, une dépression installée sur le pôle Nord et ses alentours depuis vendredi dernier a provoqué la tempête la plus longue que Tara ait essuyé depuis le début de la dérive avec des vents moyens de 30 nœuds.
Cependant, depuis 6 jours, 2 fenêtres météo auraient permis d’effectuer le largage lundi après midi et mardi dans la nuit. Nous avons tenté de remettre en route la logistique russe pour ces deux fenêtres sans succès. Le temps de réaction russe a été par deux fois trop lent pour remplir la mission dans de bonnes conditions. Les fenêtres étant courtes, des problèmes bénins sont venus contre-carrer la mise en place des vols.
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En stand-by
avril 15, 2007
J’ai le plaisir d’écrire ce petit log à un moment qui est presque la fin de l’expédition pour moi.
En effet après avoir passé de nombreux mois dans les entrailles de Tara, je vais rentrer très prochainement sur la terre pour retrouver mes proches! Je suis à bord depuis l’expédition de Tara en Géorgie du Sud, en décembre 2005 et je n’ai jamais vraiment quitté le navire durant tout ce temps en Géorgie, en Patagonie puis à Lorient et enfin en Arctique. Cela m’a permis de passer un bon nombre d’heures auprès des machines !
Il est certain que les dernières semaines vécues furent assez difficiles comme vous avez pu le lire et c’est avec une grande fatigue mais un réel plaisir que je prépare mes sacs en attendant le fameux DC3 !
Ainsi j’aurai le grand plaisir de voler au-dessus de cet incroyable océan en ayant dans ma tête la joie de savoir ce rêve continuer en toute sécurité !
En espérant avoir pu vous faire participer d’une certaine manière au bonheur que l’on ressent en vivant sur ce blanc désert je vous vous dis un simple au revoir.
Nicolas
Mauvais temps
avril 13, 2007
Il neige, il neige sur Longyearbyen et ce temps mi figue mi raisin ressemble bien à notre humeur. Les problèmes administratifs se résolvent et le parachutage du matériel nécessaire à l’agrandissement de la piste semble se préciser.
Mais que tout cela semble lent quand on est si près du but.
La vie s’organise.
A bord ils arrangent la piste du mieux qu’ils peuvent et transportent les drums de kérosène vers l’air de décollage.
L’équipage restant qui doit débarquer compte sans doute les minutes mais les pilotes du DC3 veulent que deux buttes de glace qui se trouvent de part et d’autre de la piste soit enlevées et ce travail ne peut se faire à la main.
La piste traverse une crête de compression qui a été percée avec le petit bulldozer, et c’est la glace de cette crête qui gêne les pilotes.
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