Archives pour mars 2007

Très mauvaise météo

mars 26, 2007

La très mauvaise météo que nous subissons depuis deux jours nous contraint à l’inactivité, tout au moins pour les travaux en extérieur qui ne sont pas possibles.

Nous avons observé une chute du baromètre de 50 hpa en quelques heures, pour un minimum de 965 hpa dimanche, c’est-à-dire le point le plus bas pouvant être enregistré sur un baromètre analogique.
Depuis ce matin, sa remontée semble tout aussi rapide. La température a elle aussi subi des variations tout aussi spectaculaires, avec le point le plus chaud à moins 8°C dimanche matin, puis moins 23°C dans la soirée du même jour. (Lire la suite…)

Soleil : 12 heures par jour

mars 20, 2007

Le jour est maintenant permanent avec le soleil au-dessus de l’horizon plus de douze heures par jour. Cette lumière tant espérée nous permet de préparer la venue des personnes qui seront sur la base en avril (Etienne Bourgois, l’équipe de Tara, 20 scientifiques et des journalistes…).

Et si les abords de Tara donnent maintenant l’impression de se transformer en station de ski, c’est que nous joignons l’utile à l’agréable : Pour nous rendre sur ce qui sera une piste d’aviation que nous devons niveler pour début avril, nous devons parcourir un à deux kilomètres que nous faisons maintenant en ski de randonnée, moyen de transport plus direct, plus ludique et peut être plus rapide que la marche sur cette banquise irrégulière. Notre jeune chien Tiksi est aussi de la partie et commence à faire preuve d’efficacité dans le tractage de la luge et surtout il y prend goût. Sa forme physique est surprenante et si son maître le lâche, il peut courir à bonne vitesse avec sa luge chargée de matériel derrière lui sans jamais montrer de fatigue. Ces chiens de race husky sibérien sont vraiment surprenants dans leur adaptation à ce milieu si hostile !
Denys

Océanographie

mars 18, 2007

L’étude des formidables masses d’eau situées sous nos pieds, s’appelle l’océanographie. C’est un programme majeur de notre expédition. L’océan est constitué de différentes masses d’eau se déplaçant à différentes vitesses et à différentes profondeurs, que l’on nomme les courants marins.

Ces courants et l’océan en lui-même jouent un rôle prépondérant dans les mécanismes climatiques. Certains courants chauds modifient radicalement le climat d’un lieu, comme le Gulf Stream en Europe qui adoucit nos hivers. Les courants chauds, à l’instar de notre Gulf Stream, partant des tropiques, ont tendance à remonter à la surface (l’eau chaude étant moins dense que l’eau froide) et, arriver dans des régions plus froides, ils vont se refroidir, plonger pour aller se réchauffer à nouveau. La salinité de l’eau modifie également sa densité.
(Lire la suite…)

Lumière bienfaisante

mars 12, 2007

Nos journées sont réellement différentes depuis que la lumière du soleil nous éclaire douze heures par jour.
Travailler sur la banquise devient un plaisir exceptionnel lorsque l’horizon est rougeoyant, aucun obstacle ne venant gêner la diffusion de cette lumière. Il faut s’imaginer ce lever de soleil qui dure des heures et qui illumine l’horizon sur près d’un quart de sa circonférence dans une atmosphère complètement pure.
C’est la magie des couleurs après six mois de vie en noir et blanc. Tout l’équipage montre un regain de dynamisme dans la préparation de Tara et du camp pour la venue des équipes début avril, cette lumière bienfaisante y est pour beaucoup.

Denys

Premiers rayons de soleil

mars 8, 2007

Tara vient d’apercevoir les premiers rayons du soleil après 141 « jours » de nuit complète. Notre biologie commence à retrouver un point de repère important.

Les habitants de Tara sortent peu à peu de leur torpeur, c’est une période de transition un peu difficile où le sommeil et la méditation sont nécessaires pour passer cette phase.
C’est sans doute la présence féminine qui a le plus manqué à bord et en ce jour consacré aux femmes, Tara leur rend un hommage particulier.
Nous les huit petits hommes perdus au milieu de l’immensité de la banquise que serions nous sans le soutien de nos compagnes, de nos mères, de nos filles, sans leurs présences bienveillantes que nous sentons malgré la distance qui nous sépare. Sans leurs conseils culinaires par téléphone ou par email, et quand les coups de blues se font sentir, elles sont là et nous aident à passer le cap. Alors pendant notre voyage à travers à travers les ténèbres ces lointaines compagnes nous ont porté dans leur cœur et grâce à elles un nouveau jour est arrivé.

Bruno

Le 86° Nord

mars 7, 2007

Lundi 5 mars nous avions franchi le 86° nord, record pour un bateau à voile et il ne reste maintenant plus beaucoup de nord dans notre nord ! Néanmoins il faut maintenant battre le SEDOV qui, en 1940, a franchi le 86°39 Nord au cours d’une dérive involontaire de 3 ans de 1937 à 1940.

C’est toujours le point le plus nord atteint par un bateau autre que brise-glace. C’est aussi un bel exploit qui est passé inaperçu dans les pays occidentaux mais qui avait été médiatisé au pays des soviets. Ce SEDOV faisait parti d’un groupe de trois navires russes qui, en 1937, croisaient en mer de Laptev au large de la Sibérie avec des scientifiques à bord pour étudier ces régions polaires lorsque la navigation y est possible aux mois de juillet, août et septembre.
(Lire la suite…)

Plus Nord que le Fram !

mars 5, 2007

Poussé par un vent tempétueux depuis deux jours, nous avons franchi le 86°N aujourd’hui à 13H locale, dépassant du même coup la position la plus nord de Nansen et du FRAM ! C’est un bel exploit après seulement six mois de dérive, dépassant largement les estimations les plus optimistes.
Ce vent qui souffle à plus de trente nœuds nous ramène aussi à l’est, infléchissant notre route vers le pôle, ce qui n’est pas forcément une bonne option. En effet si nous passons trop près de pôle, nous courrons le risque de tourner autour assez longtemps retardant la descente de Tara vers le Spitzberg et du même coup sa libération des glaces.
(Lire la suite…)

« Nous sommes les seuls à cette latitude »

mars 1, 2007

1er mars 2007, ouverture de l’Année Polaire Internationale (IPY) au Palais de la Découverte à Paris.
Nous sommes actuellement les seuls à cette latitude. A cette latitude pour étudier le changement climatique et « approvisionner » les banques de données des 46 laboratoires de recherches regroupés sous la dénomination de DAMOCLES (Developing Arctic Modelling and Observing Capabilities for Long-term Environmental Studies).
Pour être présent durant une année pleine sur la banquise, il a fallu nous mettre en place à la fin de l’été, au moment où la banquise est réduite au maximum, si bien que nous dérivons maintenant depuis plus de six mois. Il est important pour nous de faire un premier bilan à l’ouverture de cette Année Polaire. (Lire la suite…)