Autre tâche pluriquotidienne : le ravitaillement en eau douce. Après une période de rodage, nous avons une parfaite maîtrise de la production et l’expérience de Viktor aidant (20 années dans des bases polaires russes). Nous avons deux « réseaux » : Une production d’eau de boisson et une autre pour vaisselle, toilette et lessive. L’eau de boisson est produite à partir de neige immaculée qui est ramassée sur la banquise et c’est d’autant plus facile que le temps est venteux car il y a alors des congères de neige fournissant une source inépuisable. Nous la transportons dans un sac plastique et la mettons à la cuisine dans un bac de 50 litres dans laquelle elle fond progressivement. Cette méthode garantit une eau parfaitement pure, non salée. L’eau d’usage non alimentaire est produite à partir de glace qui est choisie très méticuleusement par Viktor : « Je recherche une crête de compression suffisamment haute et formée de plaques épaisses, ce qui me permet d’avoir de la glace ancienne (2 ans) et donc très peu salée. Par ailleurs, pour m’en assurer, j’en goûte un morceau pour être certain de sa valeur gustative même si elle est destinée à un usage non alimentaire ». Commence alors un travail plus physique de piquage pour obtenir des blocs de 5 à 10 kg, que l’on met dans la pulka (traîneau) pour les ramener sur le bateau. La pulka d’une cinquantaine de kg est hissée sur le pont et la glace est descendue par un panneau de pont dans la soute arrière où se trouve un bac chauffant qui accélère la fonte. Ce bac a une contenance de 200 litres, un peu plus que notre consommation journalière, et grâce à une pompe l’eau est distribuée dans la douche. Denys
Archives pour novembre 2006
Ravitaillement en eau
novembre 28, 2006Au fond de l’Océan
novembre 27, 2006Quatre-vingt unième jour de dérive.
Position : Dérive par 82° 45′ 3930″ N-136° 32′ 9762″ E, vitesse 0.4 nœuds nord !
Vent : 10 noeuds
Visibilité : moyenne, ciel couvert,
Lune : Pas visible
Jour : Nul
Banquise : Instable, forts mouvements de compression sur l’avant tribord dans la matinée.
Température de l’air : – 23°C
Température de l’eau : -1,5°C
Certaines tâche liées à nos activités scientifiques sont quotidiennes, et parfois pénibles mais d’elles dépendent la sécurité des installations et la validité des mesures scientifiques. L’entretien des trous est l’une d’entre elles. Ces trous dans la banquise nous permettent de descendre dans l’eau divers appareils de mesures : Un trou à l’arrière de Tara, à la verticale du portique, permet de descendre la sonde CTD jusqu’au fond de l’océan ; deux trous à une centaine de mètres sur bâbord qui permettent pour l’un de laisser en permanence une sonde dite « microcat » qui est statique et pour l’autre une sonde acoustique placée à trente mètres sous la banquise. Les données de ces sondes sont recueillies une fois par semaine, nécessitant de les ramener à bord.
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Reprise des mesures
novembre 21, 2006Position : Dérive par 82° 39′ 0702″ N-136° 08′ 5047″ E, vitesse 0.1 noeuds
Vent : 10 noeuds
Visibilité : moyenne, ciel couvert,
Lune : Pas visible
Jour : Nul
Banquise : Instable
Température de l’air : – 13°C
Température de l’eau : -1,5°C
Depuis samedi, c’est un peu la course contre la montre car nous avons entrepris de creuser un trou sur l’arrière de Tara pour reprendre nos activités de mesures salinité, concentration et température de l’eau de mer, activité scientifique phare de notre expédition. Et chaque fois que nous faisons péniblement ce trou, la banquise bouge !
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Communication à bord
novembre 19, 2006Soixante quatorzième jour de dérive.
Position : Dérive par 82° 37′ 7633″ N-139° 58′ 8246″ E, vitesse 0.1 noeuds
Vent : 30 noeuds
Visibilité : moyenne, ciel couvert averse de neige,
Lune : Plus visible ;
Jour : Nul
Banquise : Stable
Température de l’air : – 15°C
Température de l’eau : -1,5°C
Ce matin, après une nuit de vent et de neige, Tara, avec sa gîte et la neige remontant le long de son franc-bord bâbord avait vraiment l’aspect d’une goélette polaire et ressemblait aux images que l’on a du FRAM.
Nous faisons souvent des comparaisons avec le FRAM, Nansen et son équipage de douze aventuriers, mais il y a un aspect qui change complètement la dimension de l’expédition, c’est la communication ! Nous disposons, grâce à la communication satellitaire du moyen de rester en contact avec « la terre », nos proches, les médias etc.…
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Bruit de banquise
novembre 16, 2006Soixante douzième jour de dérive.
Position : Dérive par 82° 37′ 7633″ N-139° 58′ 8246″ E, vitesse 0.1 noeuds
Vent : 10 noeuds
Visibilité : moyenne, ciel couvert
Nuit : Dernier quartier de lune
Jour : N’est plus visible
Banquise : Instable
Température de l’air : – 15°C
Température de l’eau : -1,5°C
Cette expédition polaire nous fait vivre en harmonie avec la nature comme nous avons pu le dire à plusieurs reprises, nature que nous apprenons à connaître pour essayer de la comprendre. Hier matin nous avons pu observer quelque chose que nous
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Navigation sur un océan
novembre 13, 2006Soixante huitième jour de dérive.
Position : Dérive par 82° 44′ 7574″ N-138° 00′ 8211″ E, vitesse 0.7 noeuds
Vent 30 noeuds
Visibilité moyenne, ciel brumeux, lune voilée ;
Jour : N’est plus visible
Température de l’air : – 19°C
Température de l’eau : -1,5°C
Tous les marins apprennent à analyser les éléments pour prédire le temps qu’il va faire, pour anticiper la manœuvre, adapter la voilure, naviguer en toute sécurité, faisant parfois
fi des observations satellitaires. On appelle ça le sens marin. Sur la banquise, pas d’embruns, pas de sillage, une curieuse immobilité par rapport à l’environnement et malgré tout une navigation sur un océan.
Ici pas question de modifier notre route mais l’écoute et l’observation de la nature sont très importantes pour enrichir nos connaissances d’une zone méconnue et surtout pour corréler les données brutes recueillies par
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La nuit s’est installée
novembre 9, 2006Depuis cette nuit, nous assistons à une chute de la pression barométrique, associée à un vent fort de 30 à 45 nœuds de secteur sud et une remontée des températures autour de moins 17°C. Cette météo défavorable pour les activités extérieures à l’avantage de nous propulser vers le pôle à une vitesse qui a atteint 1 nœud dans la nuit. Ces conditions nous ont appelé à la vigilance car nous craignons des mouvements de glace qui ne se sont pour le moment pas produits. Il est extraordinaire d’imaginer que toute cette masse de glace puisse avancer à cette vitesse de façon harmonieuse.
La nuit polaire est définitivement installée, et le trou noir autour de Tara n’incite plus à la promenade ni à la contemplation ! Il y a sûrement un cap à passer, si possible tous ensemble en multipliant les activités et à chacun de puiser dans ses ressources intérieures pour dynamiser l’ensemble du groupe.
Denys
Pleine lune
novembre 7, 2006Nous avons repris une progression très lente vers le nord après quelques jours de recul. Nous bénéficions toujours d’un temps calme, clair avec une lune qui est présente toute la journée et parcourt l’horizon éclairant de façon féerique la banquise. Cette contemplation est un signe de plus sur l’extraordinaire richesse et diversité de notre globe et nous pouvons témoigner de l’importance de sa préservation. Nous attendons un peu le déclin de la lune pour installer de nouveau le matériel scientifique sur la banquise car il semble que les mouvements de banquise sont plus importants durant la phase de pleine lune.
Pendant cette période d’attente, il est important de rester actif, Tara nous donne un peu de travail (toujours les problèmes d’eau, de toilettes et de chauffage) et nous avons installé un « rameur » dans la soute arrière. En tant que médecin et garant de la santé mentale et physique de mes camarades d’aventure, je préconise fortement la pratique d’une activité physique régulière. Le rameur permet de faire du sport de façon calibrée et dans de relatives bonnes conditions de confort, thermique en particulier. On peut aussi faire des marches autour du bateau, ce que faisait Nansen, mais la respiration d’air à moins 25°C n’est pas confortable et la déshydratation induite peut avoir des conséquences délétères.
Denys
Pleine lune
novembre 7, 2006Nous avons repris une progression très lente vers le nord après quelques jours de recul. Nous bénéficions toujours d’un temps calme, clair avec une lune qui est présente toute la journée et parcourt l’horizon éclairant de façon féerique la banquise. Cette contemplation est un signe de plus sur l’extraordinaire richesse et diversité de notre globe et nous pouvons témoigner de l’importance de sa préservation. Nous attendons un peu le déclin de la lune pour installer de nouveau le matériel scientifique sur la banquise car il semble que les mouvements de banquise sont plus importants durant la phase de pleine lune.
Pendant cette période d’attente, il est important de rester actif, Tara nous donne un peu de travail (toujours les problèmes d’eau, de toilettes et de chauffage) et nous avons installé un « rameur » dans la soute arrière. En tant que médecin et garant de la santé mentale et physique de mes camarades d’aventure, je préconise fortement la pratique d’une activité physique régulière. Le rameur permet de faire du sport de façon calibrée et dans de relatives bonnes conditions de confort, thermique en particulier. On peut aussi faire des marches autour du bateau, ce que faisait Nansen, mais la respiration d’air à moins 25°C n’est pas confortable et la déshydratation induite peut avoir des conséquences délétères.
Denys
Accalmie
novembre 3, 2006La banquise est redevenue calme, nous penson avoir retrouvé tout le matériel, Tara garde une gîte sur bâbord de 7° rendant la vie et les déplacements peu confortables. Pour donner une idée, c’est la limite pour qu’une assiette tienne sans glisser sur la table, un degré de plus et il faudra mettre une nappe anti-roulis.
La température extérieure a bien chuté, entre moins 20 et moins 25°C. Ce sont des valeurs inhabituelles pour des européens et malgré un acclimatement qui se fera progressivement, nous en ressentons les effets à chaque sortie. Il devient impossible de tenir un morceau de métal (poignet de porte par exemple) sans risquer d’avoir la main collée dessus par le gel, la respiration par la bouche devient douloureuse, il est nécessaire de respirer à travers une écharpe et les extrémités non protégées (nez, oreilles) risquent d’avoir des gelures. La sensation de froid par contre dépend pour beaucoup de la vitesse du vent. Par vent faible, ces températures sont tout à fait supportables et nous transpirons au moindre effort avec nos vêtements de froid. Par contre dès que le vent souffle un peu, en raison d’échanges thermiques par convection très accélérés (Wind-Chill des anglo-saxons), la sensation de froid devient extrême et le temps de travail en extérieur doit être limité en raison des risques accrus de gel ou d’hypothermie.
Denys



